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Lauréat du concours Ma Première Place des Arts, finaliste des Francouvertes et nommé à l’ADISQ pour son deuxième album en 2013, David Marin s’est hissé à la tête d’une carrière florissante en l’espace d’une dizaine d’années.

Actuellement en pleine promotion de son troisième disque Hélas Vegas sorti en novembre 2018, il a pris une semaine pour devenir formateur du séjour auteurs-compositeurs-interprètes du 10 au 15 juin 2019. Après avoir travaillé avec les adolescents l’an dernier, c’est avec les adultes qu’il a partagé ce moment à Petite-Vallée. Retour sur cette expérience.

 

Peux-tu nous nous expliquer ce que vous avez fait cette semaine, vos exercices, l’organisation ?

On a fait beaucoup ! Je ne suis pas un formateur de profession, je suis un artiste donc c’est la première fois que j’organisais un camp de cette manière là avec des adultes. Je suis donc arrivé ici avec beaucoup d’humilité par rapport à ça. Pour moi c’était un privilège et un beau défi de passer une semaine à encadrer, aider, accompagner ces jeunes artistes.

On a commencé par faire des ateliers légers pour s’amuser, apprendre à se connaitre, voir qu’on est capables de créer quelque chose en très peu de temps. On a fait le jeu de la ‘’chanson poche’’ par exemple. L’idée c’était d’écrire une chanson quétaine volontairement car tout le monde a peur d’être quétaine et ce jeu a permis de désamorcer cette peur et d’en rire ensemble.

 

 

Après ils ont travaillé en petits groupes de deux, ils devaient écrire sur une histoire, une anecdote qu’un autre leur raconte. Raconter l’histoire de quelqu’un c’est vraiment un bon exercice et ça a donné de beaux résultats rapidement. On a aussi eu des séances de discussions informelles, on s’entraidait pour trouver des paroles… Je les ai aussi vus individuellement et ça m’a permis de connaitre aussi les besoins de chacun et d’organiser la semaine en fonction de leurs attentes.

Étais-tu arrivé avec un objectif en tête ? 

Je ne suis pas arrivé avec une semaine complète en tête, j’ai vraiment adapté au jour le jour en fonction d’eux. L’objectif pour moi c’était surtout d’établir une rencontre, créer une dynamique de groupe. Un matin il faisait un temps superbe, je me suis dit que c’était le temps idéal pour aller marcher tous ensemble jusqu’au sommet du Mont Didier juste à côté.

 

 

Ça leur a permis de sortir, de se retrouver un peu seuls aussi dans leur bulle avec cette vue et ils m’ont confirmé qu’ils en avaient effectivement besoin à ce moment là. C’était une spontanéité organisée disons. J’ai essayé de varier les propositions mais je n’avais pas d’objectif précis si ce n’est que ce séjour ait été utile à tout le monde et qu’ils en aient profité.

Tu avais déjà encadré un camp chanson pour adolescents, qu’est-ce qui t’a donné envie de retenter l’expérience, avec des adultes cette fois ?

On me l’a proposé en fait, les deux fois, et j’ai accepté. Ce n’est pas quelque chose que j’avais imaginé initialement mais quand je le fais je réalise que j’aime ça. Après j’avoue en toute honnêteté que j’avais peur aussi car dans mon métier je n’ai pas spécialement analysé ma méthode. Donc c’était difficile pour moi de savoir comment expliquer ce processus de création. Je n’ai jamais fait de séjours intensifs comme ceux-là donc je n’avais pas vraiment de bases ou d’exemples en tête non plus.

 

 

Ce séjour m’a été utile à moi aussi car j’ai aussi appris de nouvelles méthodes, à travailler en groupe, alors qu’initialement je compose et j’écris seul. Composer avec d’autres artistes ça te permet de prendre du recul sur tes chansons, les voir d’une autre manière, savoir plus rapidement ce que tu veux et ce que tu ne veux pas en échangeant des idées. D’une façon ou d’une autre c’est gagnant, donc ça m’a plu de découvrir ce travail là, et même au-delà de ça de créer aussi des liens avec ces artistes.

Et en dehors de ta casquette de formateur au Camp Chanson tu viens aussi en tant qu’artiste cette année au Festival ! Quelle est ton histoire avec Petite-Vallée ?

Oui en effet ! Je connais bien le Festival, j’ai sorti trois albums et c’est ma troisième tournée. Je suis venue plusieurs fois à Petite-Vallée on a une longue histoire ensemble. C’est vraiment un lieu propice aux rencontres, en 2005 j’ai échangé et j’ai joué ici avec les musiciens de Karkwa et Louis-Jean Cormier. Il est devenu par la suite le réalisateur de mes deux premiers disques, c’est donc vraiment là que ma carrière a débuté d’une certaine manière.

J’y ai trouvé un écho avec cette semaine aussi car les campeurs viennent en étant disposés à faire des rencontres, et pourquoi pas aboutir à des collaborations. Il y a deux artistes par exemple qui s’entendent vraiment bien, ça a matché assez vite et ils ont composé un morceau cette semaine où les deux chantent ensemble. J’ai rien à voir là-dedans ça s’est fait naturellement, je pense que c’est le lieu qui fait cet effet là aussi.

Qu’apporte un tel séjour aux artistes ?

Ce qui est important avec cette formation c’est qu’ils sont dans un lieu vraiment dédié à ça. Dans nos vies on a jamais l’occasion de passer autant de temps à composer et encore moins avec d’autres musiciens. On a toujours d’autres choses à gérer, là on prend une semaine OFF, en bord de mer, où on fait que de la musique. Et on fait en une semaine un travail qui nous aurait surement pris 2 mois en temps normal par exemple. Il y a vraiment une belle dynamique !